Diane Arbus

Des portraits en noir et blanc de l’Amérique des années 1960.

Le style de Diane Arbus se rapproche de celui de Lisette Model ; visages cadrés serrés, la part belle est donnée à la personne photographiée plus qu’au décor. Les sujets de Lisette Model – obèse en maillot de bain, sans-abris, travestis ou vieux riches sur la Promenade des Anglais – se retrouvent chez Diane Arbus, poussés à l’extrême : travestis encore, nains, tatoués, nudistes obèses, triplés, handicapés mentaux. Rares sont les clichés qui ne mettent pas mal à l’aise.
Parmi les anomalies de la nature, quelques personnages normalement constitués posent, mais avec une expression si neutre qu’ils en restent étranges. Quelques belles pièces tout de même, notamment cette riche américaine satisfaite dans les rues de New York, ou encore le visage d’une féministe dans sa chambre d’hôtel.

Le détail frappant dans son oeuvre, c’est l’absence d’émotion dans les titres de ses clichés. Factuels, crus : « Fat girl yawning », « A jewish couple dancing » ou encore « Couple in bed under a paper lantern » quand elle photographie un jeune couple en train de faire l’amour. Comme si elle se contentait de décrire l’image, à l’observateur d’imaginer ce qu’il signifie.

Si les sujets peuvent être choquants, les proportions et la lumière des clichés valent à eux seuls le détour. Dommage qu’au Jeu de Paume comme dans beaucoup de musées, la mode ne soit plus à l’édition de cartes postales des expositions temporaires !

Diane Arbus au Jeu de Paume

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