Le cas du coupon rouge et blanc

Plus de sept mois sans publier une seule ligne sur ce blog : il semble que le quotidien ait eu raison de cette période bénie où il était encore possible de passer des soirées à coudre de jolis vêtements, prendre le temps de faire de belles photos et rédiger des articles bien pensés (essayer, du moins) !
Chaque année, j’hésite à renouveler l’abonnement chez mon hébergeur. Je tricote un peu, ne couds presque plus… mais ce n’est pas l’envie qui manque ! Entre les multiples réalisations croisées sur Instagram et les tas de nouveaux patrons épinglés dans mes favoris, les idées ne manquent pas – ne parlons pas des superbes laines et tissus aguicheurs dans les vitrines des merceries, dans lesquelles je n’entre plus, sauf en cas de force majeure.
Il faut dire qu’entre autres éléments de la vie courante, une petite fille de deux ans, un gros déménagement et un cambriolage ne m’ont pas facilité la tâche : aucun temps libre, les machines mises en carton et l’ordinateur volé. Comment voulez-vous travailler dans ces conditions !?

Aujourd’hui, je ne désespère pas de retrouver un certain rythme, en repensant le processus de fabrication… Ce qui mène à cette évidence : il faut coudre coupon par coupon !
Notez que cette approche avait déjà été timidement évoquée lors de ma (précédente) grossesse avec un coupon de milano rouge et un coupon de molleton jaune.

Ce coupon, c’était aussi l’occasion de faire une tentative de séance photo mère-fille sous la lumière jaune du soir, avec un modèle dissipé, et un photographe pas plus intéressé… D’où les photos complémentaires, natures mortes sur cintre, plus disciplinées.

Le cas du coupon rouge et blanc

Après une telle pause, il fallait commencer par un cas simple : un coupon de trois mètres de chambray fin en coton rouge et blanc, unisexe, déjà lavé et longtemps envisagé pour une robe estivale, puis une turbulette avant d’être finalement perdu dans les cartons.

 

La maxi-blouse

… Ou le célèbre patron Marthe de République du Chiffon.
Régulièrement, Laure m’en vante les mérites – moyennant un bémol sur la taille et l’ampleur du modèle. Il était temps de me faire ma propre opinion.

La blouse est très, très large et les manches sont un peu courtes, mais on retrouve ces caractéristiques sur le modèle de présentation, c’est donc voulu.
En ce moment, je n’ai pas tellement la morphologie adaptée à ce genre de vêtements, mais même ainsi, j’enfile la blouse aisément et les fronces restent marquées !

En passant, nous attendons notre deuxième enfant, un petit garçon prévu pour début février. Autant dire que je suis peut-être déjà en route pour la maternité à l’heure où est publié l’article !

Ceci ajoute un motif supplémentaire à cette sensation étrange de subir le quotidien sans pouvoir en maîtriser le cours, mais c’est un autre sujet. Rendez-vous compte, je n’ai même pas trouvé l’occasion d’en parler sur Instagram entre deux tasses de café latte ! Un comble.

Mais sinon, nous sommes ravis et très impatients de rencontrer notre fils !

Selon le tableau de mensurations, j’aurais dû couper une taille 40, mais forte des conseils de Laure susnommée et d’une expérience ratée avec un pantalon Maurice trop grand, j’ai coupé une taille 36 sans aucune modification ; c’est parfait ainsi.
Le dos a été coupé au pli, aucune ouverture n’étant nécessaire pour enfiler la blouse. Les explications du patron sont claires et complètes. Le modèle est très simple et vite terminé, c’est une bonne façon de reprendre la couture avec brio !

Le coupon est bien adapté au patron, quoiqu’un peu plus de fluidité n’aurait pas été superflue. Un seul regret : le tissu se repasse difficilement et se froisse très vite… Avec un bébé dans le coin, ce vêtement risque d’être souvent-toujours chiffonné.
Plutôt que pour la fin de grossesse, cette blouse est destinée à être portée post-partum, pour faciliter l’allaitement et masquer le ventre mou – portée avec un pantalon ajusté ou une jupe courte, histoire de contrebalancer l’ampleur du haut.

 

La mini-blouse

L’idée était de coudre une simili-Marthe de petite fille sans racheter de patron, mais il faut avouer que le résultat en est assez éloigné.
Le patron de base est la blouse #146 du magazine Burda 09/2013 modifiée comme suit : ajout d’une basque, modification du dessin de la manche pour qu’elles soient droites et non évasées, suppression du col pierrot. Pour un effet plus « Marthe », il aurait fallu que la basque commence plus haut et que la blouse soit plus évasée ; il manque aussi les manches raglan.
Mais pris tout seul, sans comparaison avec la maxi-blouse, je trouve ce petit haut bien joli !

Le patron est simple et, comme toujours avec Burda, les explications sont concises mais complètes. Il suffit de garder en tête que chaque mot compte.
Le modèle taille bien, et si la blouse est un peu grande, c’est que la taille coupée T92 correspond à du 3A. Maud fait actuellement sa transition entre le 2A et le 3A, je n’allais certainement pas passer du temps à coudre un vêtement déjà trop juste !

Les boutons pressions sont les pressions en plastique adaptées à la pince Vario+, qui existent en un large choix de couleurs pour varier selon les tissus. C’est une chouette option, en particulier pour les vêtements d’enfants, qui méritent un peu plus de fantaisie que le sempiternel cercle de métal des pressions jersey classiques… Mais il aurait fallu entoiler la patte de boutonnage : à chaque ouverture, la déchirure menace tant il faut tirer fort sur le tissu pour ouvrir les boutons et passer la tête !

 

La micro-robe

Avec l’annonce d’un petit frère, Maud a reçu un poupon pour Noël, mais ledit poupon se promène en pyjama toute la journée, dedans comme dehors ! A défaut de lui avoir fourni un vêtement de saison, je lui ai quand-même cousu de quoi s’habiller, dans les chutes des deux blouses précédentes.

Le patron a été construit au jugé à partir de mesures prises directement sur la poupée.
Les pièces ont été assemblées en même temps que les blouses, d’où ces finitions exemplaires, bien au-delà des exigences qu’on pourrait avoir pour un vêtement de poupée !
La patte de boutonnage est entoilée cette fois-ci, précaution très utile puisque cette poupée demande à être changée vingt fois par jour !

[Bonus] Le caleçon signature

Ce coupon était grand, il restait même encore de quoi y couper un caleçon signature, d’autant que ce tissu est à mon avis particulièrement adapté à ce type de vêtements !

Pas de surprises avec ce patron de caleçon simple et confortable qui ravit toujours autant ses propriétaires, dont les exemplaires sont apparemment toujours en fonction, sans montrer de signes de faiblesse malgré une utilisation presque quotidienne !

Mais après plusieurs années (!) sans avoir cousu ce patron, j’ai mesuré combien les explications pouvaient être déroutantes. Le mieux est d’avoir un caleçon sous la main pour comparer l’assemblage des pièces…

Un tutoriel en images est prévu de longue date, mais le temps me manque cruellement pour le réaliser, et ce tissu dont l’envers est identique à l’endroit ne se prêtait pas du tout à un pas-à-pas en photos.
J’y pense très fort, c’est promis !

Les atouts d’une approche coupon par coupon

L’intérêt principal d’une telle approche est bien sûr de mutualiser les étapes pour gagner du temps : préparation de tous les patrons, découpe du coupon en une seule étape, enfilage unique de la machine et de la surjeteuse… Ensuite, il convient d’avancer par groupe, pour minimiser les changements de poste et de réglages de machines : coutures droites, fronces, repassage, surfilage etc.

Un autre avantage est le gain de tissu : en connaissant à l’avance toutes les pièces coupées dans le coupon, elles peuvent être mélangées sur le tissu pour optimiser la découpe et limiter ainsi les chutes.

Enfin, c’est aussi un gain de place dans le placard, si l’on s’astreint à utiliser un coupon du stock… Et cela évite de conserver les chutes de coupons dont le sort est très incertain une fois le projet principal réalisé !

Au terme de cet article-fleuve, il faut avouer qu’il reste en réalité deux petits rectangles de 20×30 cm, qui iront probablement vêtir le poupon !

Avec cette naissance très proche, je me dépêche de photographier et rédiger les articles sur les quelques pièces réalisées ces derniers temps, avant d’être à nouveau engloutie par le quotidien… jusqu’à nouvel ordre !

 

Chambray de coton rouge et blanc Sacrés coupons
Biais et boutons pression Anna Ka Bazaar
Elastique La mercerie de Charonne

Blouse femme Marthe République du chiffon
Blouse fillette #146 Burda 09/2013
Caleçon signature Hachis Parementure – patron maison en téléchargement gratuit

8 comments

  1. Laure le

    Ça c’est de la rentabilisation de coupon ! Cela dit c’est sans doute la meilleure technique : ça astreint à utiliser le stock et ça limite les étapes pénibles … en tout cas tout cela est fort joli !

  2. 24 le

    Félicitations ! C’est bien, cette rentabilisation de coupon :-) et mon petit préféré du lot est la blouse pour ta fille…

  3. Martine le

    C’est bien pratique d’avoir un p’tit bout’chou à qui convient parfaitement les chutes de tissus !!! C’est tout mignon et allez tranquillement mettre au monde ce joli petit frère ! Ce n’est pas grave de rester à l’écart du blog pendant ces moments qui sont précieux dans votre vie. Bises.

  4. Sympa cette approche coupon par coupon. Je ne suis toujours pas fan de Marthe mais elle fait bien le job sur toi et la « mini-Marthe » est craquante….
    Les chutes sont assez grandes pour un bavoir pour ton Mini qui arrive ? Tout le monde aurait son morceau ?

    ET puis chaque chose en son temps pour le blog et le reste, personne ne peut tout faire…

  5. quelle discipline pour utiliser ce coupon dans sa quasi intégralité ! j’ai beaucoup de mal à procéder de la sorte, je t’admire donc… faut dire que les tissus choisis pour moi ne sont pas toujours compatible avec les patrons masculins de mon mari et les jerseys dégotés pour Pitchoun lui sont particulièrement réservés de part le motif…

    Marthe, je ne suis vraiment pas fan de cette ampleur, dur à assumer après grossesse (selon moi) en revanche j’adore ta simili mini marthe tout à fait adorable sur Maud.

    Et puis félicitations à nouveau ;-)

  6. Ah la la, tu es trop forte. Moi je me lasse trop vite pour coudre plusieurs fois le même tissu (ou alors à plusieurs année d’intervalle). C’est une jolie moisson, en tout cas!

  7. Rétrolien : Paul | Hachis Parementure

  8. Rétrolien : La robe à plastron | Hachis Parementure

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